Le navire émetteur "MV Mi Amigo" de Radio Caroline (1964-1980)

 

FAQ: "FREQUENTLY ASKED QUESTIONS"

OU

LES REPONSES AUX BONNES QUESTIONS SUR

 LA RADIO OFFSHORE.

 

1° BONNE QUESTION : "LA RADIO OFFSHORE, POURQUOI ?"

2° BONNE QUESTION : "RADIO CAROLINE, POURQUOI EST ELLE UNE LEGENDE ? "

3° BONNE QUESTION : DES RADIOS OFFSHORES, Y EN A T-IL ENCORE ?

 

1° BONNE QUESTION: "LA RADIO OFFSHORE, POURQUOI ?"

Vous devez vous demander pourquoi des gens se sont décidés à installer des stations de radio sur des bateaux ou forts ou autres structures au beau milieu de la mer.

Depuis les tous débuts de la radio, elle a toujours été un objet de convoitise pour les gouvernements de toutes sortes qui ont toujours cherché à la contrôler d'une manière ou une autre et ceci au service de leurs intérêts.

Malheureusement pour les gouvernements en place, les signaux radios ne s'arrêtent pas aux frontières. Et s'ils ont toujours cherché à contrôler ce qui était émis depuis leurs territoires, c'est une toute autre histoire pour ce qui vient des pays voisins.

La plupart des gouvernements, spécialement européens, ont décidé que leurs populations devaient écouter ce qu'ils avaient planifié et non pas ce que les gens voulaient écouter.

Les radios d'état étaient reines, rigides et sources d'ennui. Puis un certain nombre d'entrepreneurs ont compris qu'ils pouvaient contourner ces bastions étatiques en émettant depuis un autre pays. C'est ainsi que dans les années 30, plusieurs stations de radio émettant en anglais, ont diffusé des programmes depuis la France et à destination du public d'outre manche.

Le problème avec cette solution est qu'elle oblige à avoir la proximité d'un pays ami.

Cette difficulté fut vaincue avec une étape décisive dans la conquête des ondes libres. Le "no mans land" que représente les eaux internationales était en dehors de toute juridiction nationale. C'est ainsi que les premières radios offshores dans les années 60 ont utilisé cette solution, qui est encore employée à ce jour.

Les radios "offshores", qualifiées par les gouvernements de radios "pirates", en émettant depuis les eaux internationales n'ont jamais été - et ne sont toujours - pas illégales. Elles sont simplement à l'extérieur des pays concernés, donc en dehors de leurs pouvoirs.

Ce point a d'ailleurs été exploité par la commission européenne pour financer et soutenir la radio offshore politique "Radio Brod" au large des cotes de l'ex Yougoslavie.


D'ex fortins militaires furent également utilisés

comme base d'émission en pleine mer du Nord.

 

2° BONNE QUESTION : "RADIO CAROLINE, POURQUOI EST ELLE UNE LEGENDE ? "

Radio Caroline est incontestablement la plus fameuse et célèbre des radios offshores et ce dans le monde entier.

Son "histoire extraordinaire" (Georges Pernoud, Thalassa-France 3) a commencé le jour de Pâques 1964 à partir du MV Caroline, ancré dans l'estuaire de la Tamise:


Son exemple est suivi et elle est rapidement rejointe par d'autres navires qui servent de base d'émission pour d'autres stations offshores comme Radio London depuis un ancien dragueur de mines américain :

Une autre station offshore, Radio Atlanta, rejoint Radio Caroline en mai 1964 avec son navire le MV Mi Amigo :

Quelques mois plus tard, les deux stations fusionnent et Radio Caroline émet à travers deux navires, l'un au Nord et l'autre au Sud de l'Angleterre. En 1964, Radio Caroline invente un concept totalement nouveau : une radio libre, commerciale, musicale et européenne. C'est aussi le premier réseau radiophonique indépendant. Le succès de la station est immense : officiellement, on reconnaît une audience de prés de 10 millions d'auditeurs dans les semaines qui voient le lancement de la station.

Mais le gouvernement anglais, et d'autres en Europe, n'apprécient pas du tout la liberté de Radio Caroline qui apporte joie, musique et aventure à toute une génération. En août 1967, le gouvernement anglais passe une loi qui rend illégal tout support à une station offshore. Toutes les radios offshores se taisent, forcées au silence. Toute, sauf une : RADIO CAROLINE.

Mais lutter comme un gouvernement et la mer du Nord n'est pas toujours facile et Radio Caroline quitte les ondes en mars 1968.

Les Anglais pensent alors que s'en est fini de la fibustiére des ondes. Pour faire passer la pilule, Radio One est créée, une pale copie des radios offshores et qui ne plait pas à grand monde…

Alors que les deux ex navires de Radio Caroline attendent aux Pays Bas, un néerlandais rachète le Mi Amigo et ce dernier revient sur les ondes au large des Pays Bas en 1972. A la grande joie des auditeurs et au désespoir des gouvernements européens, Radio Caroline est de retour. Innovant à nouveau, elle crée un format musical totalement nouveau : sa programmation n'est composée que d'extrait d'albums. La station devient le rendez-vous incontournable des amoureux de musique qui y découvrent plusieurs mois à l'avance les dernières productions des grands groupes de l'époque.

En mars 1980, la Mer du Nord réussit à faire ce que les gouvernements n'ont jamais réussi : le Mi Amigo coule dans une terrible tempête.

Beaucoup se disent que cette fois, l'histoire est achevée pour Radio Caroline. Mais c'est sans compter sur l'opiniâtreté de son fondateur, Ronan O'Rahilly et du formidable soutien des auditeurs de la radio offshore. En 1983, Radio Caroline revient avec un nouveau navire, le Ross Revenge. C'est la plus fantastique machine radiophonique flottante construite à ce jour. Un mat antenne de 100 mètres de haut, des kilomètres de câbles pour le soutenir et des centaines de tonnes de ballast pour l'équilibrer :

Radio Caroline continue d'innover en couplant son émetteur d'un système révolutionnaire totalement inconnu en Europe : le traitement de son. Ainsi, le meilleur signal radiophonique des ondes moyennes en 1983 est celui d'une station qui émet depuis un navire au milieu de la mer : Radio Caroline est de retour, entamant sa troisième décennie d'émission libre.

Mais le besoin de bâillonner Radio Caroline reprend de plus belle au sein des gouvernements anglais et européens. Le 19 août 1989, les autorités anglaises et néerlandaises organisent l'arraisonnement du navire émetteur avec une quarantaine d'hommes en armes. Le navire est saccagé, l'équipement détruit et l'équipage violenté.

Malgré cet acte de piraterie digne d'un autre age, la station revient sur les ondes grâce à l'aide des auditeurs. Le gouvernement anglais est humilié et il réagit en légalisant l'illégal : il vote une loi l'autorisant à aborder n'importe quel bateau, n'importe où, en protégeant les abordeurs d'une immunité totale, sur le simple "soupçon" de contenir des émetteurs.

En novembre 1990, Radio Caroline se tait, épuisée par un terrible siége et acculée par une loi scélérate.

Est ce la fin de Radio Caroline ? Non car bien des gens rêvent de revoir la station légendaire reprendre la mer afin de témoigner de ce formidable combat pour la liberté des ondes.

Si la radio a suscité tant d'enthousiasme au début des années 80, la population la plus importante en Europe est désormais celle des "déçus de la radio". Ils sont des millions à en avoir assez de ces radios qui disent toutes la même chose, de la même façon et en exploitant l'auditeur comme "une part de marché". Ils veulent une radio qui leur permet de rêver en fournissant musique et plaisir mais aussi aventure et nouveauté.

Musique, rêve, aventure, innovation… Radio Caroline.


3° BONNE QUESTION : DES RADIOS OFFSHORES, Y EN A T-IL ENCORE ?
L'age d'or de la radio offshore est terminé mais l'idée de radios libres émettant depuis la mer est toujours très puissante. Au large des cotes israéliennes, une station offshore émet actuellement sous le nom de Arutz 7 à partir du MV Hatzvi :



Régulièrement des rumeurs font état de l'arrivée d'une radio offshore en mer du Nord. Ces rumeurs sont alimentées par les déclarations de nombreuses personnalités radiophoniques, notamment anglaises, qui estiment que les radios européennes sont tellement éloignées des intérêts des auditeurs que le retour d'une station comme Radio Caroline permettrait de secouer tout le système comme elle le fit en 1964. L'avenir nous le dira…